En rouge et blanc pour annoncer la couleur
Ferias de Dax (du 10 au 15 août)
Ceux qui éventuellement n’étaient pas déjà au courant ont pu comprendre que quelque chose était en train de se passer en prêtant attention au grouillement inhabituel qui règne ces derniers jours dans les rues de Dax. C’est un peu la mobilisation : les dizaines de bénévoles de la commission des fêtes s’activent pour les ultimes préparatifs, ceux des inévitables peñas font un peu de ménage tout en organisant le ravitaillement, ceux de « L’Estanquet » dressent le village de toile qui obstrue pour une semaine la célèbre Place de la Course, les commerçants installent leurs comptoirs ou leurs étals selon qu’ils travaillent la nuit ou le jour, les employés municipaux peaufinent les détails pour gérer l’arrivée massive de 700.000 festayres dans une agglomération qui compte le restant de l’année 50.000 d’habitants. Bref, les discussions s’animent, les rires se font plus forts, les familles se réunissent, la ville est impatiente. On assiste en direct au déploiement aguerri d’une mutation générale : la fête est générale et organisée, fruit d’une culture locale sur les us et la manière de participer à une catharsis sociale, sur une certaine idée de la fête, qui suppose des règles.
D’abord, les règles coutumières de la fête, des codes admis de tous, un certain art de s’amuser en quelque sorte, expliquent qu’un tel rassemblement engendre assez peu de débordements.
Cela tient à l’organisation même des fêtes et de la richesse du programme quotidien de la feria (voir encadré), autant diurne que nocturne. Façon aussi de ne pas résumer la fête à un apéro jusqu’à forfait, mais d’espacer ses rencontres avec l’alcool tout en mettant en avant la culture locale.
La tenue rouge et blanche, incontournable, est aussi un préalable de cet état d’esprit. S’amuser en blanc, ce n’est pas suivre un phénomène de mode, c’est signifier (à soi-même et aux autres) qu’on veut contrôler son laisser-aller, et qu’on efface les barrières sociales.
Une fête encadrée
Ensuite, tout le monde n’est pas à la fête. Forces de l’ordre, institutionnels, services hospitaliers, et associations de prévention sont tout autant mobilisées et fonctionnent sur le même tempo. Pionnière en la matière, Dax fait référence par son organisation. Le centre ville est entièrement fermé et gardienné, offert aux piétons et aux bandas. L’opération Fête en bus (www.lesbusdesferias.com) est depuis longtemps entrée dans les habitudes ; cinq lignes quadrillent les Landes tandis que six autres arrosent le Grand Dax.
Les stands associés à l’opération Gâche pas ta Feria sont dressés. A savoir des espaces repos sans alcool (1h à 6h) installés sur les parkings des grandes surfaces situés sur des lieux de passage. Les festayres peuvent y boire gratuitement un café, un verre l’eau ou un bouillon et de souffler dans un alcootest avant de reprendre le volant ou de se reposer. Des préservatifs y sont distribués, également gratuitement.
Il y a enfin les points repas pour reprendre des forces et se restaurer toutes les nuits de 4 h à 8h (place Camille Bouvet) ou de prendre un petit déjeuner (berges de l’Adour où sont centralisés les campeurs). Compter aussi le poste de secours principal (Salle de basket du stade Maurice Boyau) ainsi que ses trois postes avancés (Sablar, Tribunal, Parc des arènes), de la Croix Rouge (24h/24h).
Bernard Moncoucy
Pyrénées Presse, 10/08/05
Par Bernard Bernard Moncoucy, Dimanche 12 Aout 2007 à 19:50 GMT+2 dans Culture (article, RSS)





