Un fauteuil pour deux
Portrait croisé d'Yves Pédrosa et de William Bonet (USDax)

En voilà deux qui ne se connaissaient pas il y a un an et qui ne se quittent plus. Ils ne sont certes pas les seuls dans cette équipe dacquoise à se tirer la bourre pour être titulaire tout en s'entendant comme larrons en foire. En 3° ligne, il y a aussi Deniau et Tournier, au centre Argel et Roque etc. Pour ces paires de spécialistes, difficile de parler d'un titulaire et d'un remplaçant tant les temps de jeu sont équivalents. Pour Pédrosa et Bonet, c'est même du 50-50 sur l'ensemble de la saison. "Les entraîneurs ont évidemment raison" acquiescent-ils, "si tu joues trop, tu te crames, mais si tu ne joues que 20 minutes tous les quinze jours, tu ne peux pas être compétitif".
Le cas de ce duo, Yves Pédrosa, arrivé au club en 2004 après être passé par l'ASM (finale contre Toulouse, 2001), et Brive (remontée en Top 14, 2003), et William Bonet, formé à Nîmes, arrivé à Dax en 2006 après quatre saisons à Bourgoin, illustre en plus une autre caractéristique du groupe modelé par Marc Lièvremont et Jean-Philippe Coyola : la polyvalence puisque les deux peuvent aussi être alignés pilier gauche. C'est d'ailleurs ainsi que les deux compères ont finalement terminé ensemble la finale contre La Rochelle en mai dernier : Pedrosa titulaire, remplacé en deuxième mi-temps poste pour poste par Bonet, lequel un peu plus tard passe pilier gauche pour laisser de nouveau "Pedro" au talon. Une double option plusieurs fois utilisée en début de saison et que le staff avait gardé au chaud pour le moment opportun. "Ça nous a amusés de finir la saison ensemble sur le terrain…".
Mieux, les deux étaient l'an passé vice-capitaines : quand Rudolph Berek ne jouait pas, le capitaine Pedrosa débutait puis cédait sa place au capitaine Bonet…
Sportivement, les résultats plébiscitent la méthode : "L'an passé, nous étions 30 joueurs au meilleur de leur forme au moment d'aborder les phases finales, nous sommes l'équipe qui a fini la saison le plus fort" commente sobrement Yves Pedrosa. Avec neuf victoires consécutives avec la finale, difficile de dire le contraire.
Mais cette politique des roulements, encore faut-il aussi la gérer humainement. "En fait, il n'y a jamais eu de problème puisque toute la saison s'est faite ainsi, le roulement est devenu naturel, automatique, on n'y fait presque plus attention" explique celui qui en général débute les matchs. "Bien sûr, au moment des phases finales, on préfère être titulaire. Mais Marc (Lièvremont, NDLR) est venu m'expliquer pourquoi Yves débuterait, et comment il allait m'utiliser. C'était clair, net : quand on t'explique les choix, il n'y a rien à dire" précise son alter ego. "De toute façon, celui qui est sur la touche passe son temps à encourager l'autre" résume Pédrosa.
C'est une autre caractéristique de cette équipe dont 80% de l'effectif de l'an passé est toujours là : l'envie d'y rester. Même ceux qui sont restés dans les tribunes au moment des matchs couperet - comme l'effectif a fini quasiment au complet, ça fait quand même du monde - sont toujours là.
"On est bien ici, non ?" lâche Yves Pedrosa, qui vient de faire construire sur la côte landaise, entre pins et océan. Un milieu qu'il connaît : "Que ce soit à Tarbes quand j'étais gamin, ou après quand je jouais à Montferrand ou à Brive, les vacances ont été toujours les mêmes : dans les Landes". "C'est vrai que les conditions sont excellentes, les gens sympas, le groupe solidaire, toujours la même envie. A mon arrivée l'an passé, j'ai su en quelques jours que j'avais fait le bon choix" se souvient William Bonet. Si ce sont eux qui le disent.
Bernard Moncoucy
MIDI OLYMPIQUE JUILLET 2007
Par Bernard Bernard Moncoucy, Dimanche 12 Aout 2007 à 20:28 GMT+2 dans Sports (article, RSS)





